MOUVEMENT des INSOUMIS


Insoumis - Reggie avec des Insoumis

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RENCONTRE AVEC REGGIE

Manifestations contre la reine et la confédération, sit-in et occupations diverses, visite du général de Gaulle, émeutes de Saint-Léonard, il ne se ménage jamais. Reggie Chartrand est régulièrement roué de coups et arrêté. Sensible au discours anticolonialiste, il est peut-être le militant indépendantiste de la première heure qui a subi le plus de coups, non sans en donner aussi, prenant volontiers sur lui des volées de matraque qu’il épargne ainsi à d’autres.


CONTEXTE

Pour les indépendantistes, le nom de Reginald "Reggie" Chartrand est synonyme de patriotisme, il est l'image même du bagarreur s'étant toujours tenu debout face à l'adversité. Pour les membres du mouvement des Insoumis, il s'agit d'un grand honneur que de pouvoir le rencontrer.





« Mettez-vous beaux et soyez fiers les gars, parce que ce matin, nous rencontrons une légende, un héros national. »

Sylvain Meunier





LA RENCONTRE

Insoumis - Rencontre avec Reggie ChartrandIl est 10.30h. lorsqu'arrive par petits groupes, une demi douzaine de militants au centre d'hébergement Jeanne-Le Ber, à Montréal. Ils sont de tous âges, de la mi-vingtaine jusqu'à l'âge vénérable de 80 ans. Les trois premiers qui pénètrent dans le salon des pensionnaires, aperçoivent l'homme, il est assoupit dans sa chaise roulante et devant lui se trouve le journal de Montréal. La préposée le réveil doucement en disant aux visiteurs qu'il adore recevoir de la visite. L'un d'eux lui tend la main en se présentant à lui comme étant un militant du mouvement des Insoumis et qu'ils sont descendus de Sherbrooke dans le seul but de le rencontrer. Lorsqu'il apprend qu'ils militent pour la langue française et pour l'indépendance du Québec, son visage s'illumine d'un sourire.


Quelques minutes plus tard sont réunis dans la même pièce, trois anciens Chevaliers de l'indépendance, deux anciens membres du Front de libération du Québec (FLQ), un grand patriote et quatre membres des Insoumis.


Insoumis - Rencontre avec Reggie ChartrandÀ 80 ans, Reginald "Reggie" Chartrand, n'a pas l'intention de cesser le combat mais il est bien conscient qu'il ne possède plus sa vigueur d'autrefois. Il est heureux de constater que parmi le groupe, se trouve des jeunes et qu'ils désirent plus que tout poursuivre le combat, son combat de toujours. Il est pour eux, un père spirituel, une source d'inspiration intarissable. Ils sont pour lui, ses fils spirituels, les nouveaux représentants de ses Chevaliers. Il leur dit qu'il ne faut jamais abandonner et c'est ainsi qu'il leur passe le flambeau:






« Continuez le combat et si vous tombez, relevez-vous car c'est ça le modèle d'un Chevalier. »

Reginald "Reggie" Chartrand





Une deuxième rencontre plus officielle est tenue, comptant cinq membres du mouvement des Insoumis, une sympathisante du nom de Doris McInnis, François Chartrand et bien entendu, Reggie lui-même. François a prit la parole au nom de son père et a proposé une alliance symbolique entre les Chevaliers de l'indépendance et les Insoumis, ayant combattus et combattant pour les mêmes combats.


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RÉSUMÉ HISTORIQUE

REGGIE CHARTRAND, CHEVALIER DE L'INDÉPENDANCE

Insoumis - Reggie Chartrand, 1932-2014
Reggie Chartrand a joué un rôle important dans l'évolution de la cause indépendantiste. Il a été président fondateur des Chevaliers de l'indépendance et candidat du Rassemblement pour l'indépendance nationale (R.I.N.) qu'il a représenté en 1966 dans le comté de Verdun.

Organisateur politique, il était aussi souvent responsable des services d'ordre des manifestations en faveur de l'indépendance. Non seulement s'assurait-il que l'ordre règne parmi les manifestants, mais il s'assurait aussi que les forces policières n'abusent pas de leur matraque, comme cela pouvait arriver au début du mouvement indépendantiste. Et pouvait même à l'occasion être arrêté sans raison.

Boxeur, il a disputé des matchs jusqu'à l'âge de 23 ans. Promoteur et organisateur de matchs de boxe, propriétaire d'une école, Reggie Chartrand organisait hebdomadairement des conférences sur l'indépendance dans ses locaux.



Personnage aux idées contestées, polémiste à ses heures, Reggie Chartrand est reconnu comme un symbole de combativité et de détermination à une époque où les autorités posaient ouvertement des gestes d'intimidation sans réplique. Le 15 février 2014, il a obtenu les Palmes d'or patriotiques du Rassemblement pour un pays souverain (RPS).


Insoumis - Soirée hommage à la SSJB de Montréal


Lors d'une soirée-hommage pour honorer le grand patriote et lui remettre la prestigieuse médaille Bene Merenti de Patria en 2011, la SSJB a présenté le film intitulé « Reggie Chartrand, patriote québécois ».






REGGIE CHARTRAND PATRIOTE QUÉBÉCOIS

Insoumis - L'affiche du film


Reggie Chartrand, patriote québécois est un film documentaire québécois réalisé par Jules Falardeau, sorti en 2010.

Réalisé par Jules Falardeau, fils du célèbre cinéaste feu Pierre Falardeau, ce documentaire retrace les moments forts dans la vie militante du boxeur québécois Reggie Chartrand.

À travers une rencontre intimiste supportée de séquences vidéo et d'images d'archives, le document nous présente le rôle marquant de ce chevalier de l'indépendance dans l'évolution du mouvement indépendantiste au Québec des années 1960.



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ARTICLE DE DIDIER BERT DE LA PRESSE

Insoumis - Reginald Reggie Chartrand

Il a été un des militants indépendantistes les plus actifs dans les décennies 1960 et 1970. Samedi dernier, Reginald Chartrand est décédé à l'âge de 81 ans.

Né à Clarence Creek, sur la rive droite de la rivière des Outaouais, Reggie Chartrand a grandi dans la ville minière et forestière de Timmins, dans le nord-est de l'Ontario. « Il vivait dans un milieu très pauvre », affirme son fils Mathieu Chartrand. « Ses trois frères et lui dormaient dans le même lit, au grenier, d'où ils pouvaient voir dehors à travers les planches ».

À Timmins, cette famille canadienne-française fait partie des « citoyens de deuxième classe », poursuit Mathieu Chartrand.


Insoumis - Reggie, jeune boxeur


Reggie Chartrand quitte Timmins grâce à la boxe. Il prend le train pour faire carrière à Montréal, à la veille de ses 18 ans. Dès son arrivée au Québec, il est stupéfait de voir que les francophones ne sont pas mieux lotis, bien que majoritaires dans la population.




Sa carrière de boxeur culmine dans les années 50, alors qu'il récolte 24 victoires (dont 13 knock-out), 3 nulles et 7 défaites.


« LUI, VOUS NE L'ARRÊTEREZ PAS! »

Insoumis - Les Chevaliers de l'indépendance
En 1960, Reggie Chartrand change de combat en faisant partie des fondateurs du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), présidé par Marcel Chaput. Il sera lui-même candidat du parti dans Verdun.

Reggie Chartrand crée sa propre organisation militante, les Chevaliers de l'indépendance. Il fonde aussi une école de boxe, rue de la Visitation à Montréal, où il tient des conférences en faveur de l'indépendance. « À l'époque, il y avait peut-être 5% d'appuis à l'indépendance », relève Mario Beaulieu, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB). « C'était un précurseur ».

Ses boxeurs arborent des chandails où sont inscrits les mots: Vive le Québec libre. « Pour le Canada anglais, c'était un affront », relève Jules Falardeau, le réalisateur du documentaire Reggie Chartrand, patriote québécois sorti en 2010.


Durant l'été 1967, alors que de Gaulle vient de prononcer son célèbre discours à l'hôtel de ville de Montréal, Reggie Chartrand se tourne vers les policiers et leur lance: « Lui, vous ne l'arrêterez pas! », se rappelle son épouse Doris McInnis.



Insoumis - Manifestation menée par Reggie Chartrand


Reggie Chartrand et Doris McInnis prennent part à toutes les manifestations indépendantistes. Lui s'investit dans le service d'ordre, n'hésitant pas à échanger les coups de poing avec les policiers. « Il ne recherchait pas l'affrontement physique, mais il disait: on ne va pas se faire marcher sur les pieds », poursuit Jules Falardeau.


VICTIME DE VIOLENCES POLICIÈRES

Insoumis - Reggie, se bagarrant

Arrêté à de multiples reprises par la police, Reggie Chartrand subit des traitements de choc. « Les policiers lui cassaient les doigts pour ne pas qu'il les frappe », dit Mathieu Chartrand.

« À cette époque, on se sentait suivis, persécutés même », souligne Doris McInnis.




« Reggie Chartrand était un patriote qui l'a été à une période où c'était très difficile », souligne l'ancien premier ministre Bernard Landry. « Il l'a payé physiquement ».


Insoumis - La Saint-Jean de la matraque

Lors des émeutes de la Saint-Jean-Baptiste en 1968, Reggie Chartrand se retrouve à l'hôpital Saint-Luc. « À l'hôpital, il criait mon numéro de téléphone à tout le monde, dit son épouse. Un jeune médecin interne m'a téléphoné pour me dire où il était, et que je ne devais pas dire qui j'étais. Quand j'ai trouvé Reggie, il était méconnaissable ».




Doris McInnis ajoute qu'elle a alors été elle-même agressée par une infirmière, qui l'a poussé contre un mur en l'insultant.

Pour les Jeux olympiques de 1976, Reggie Chartrand hisse le fleurdelisé à l'arrière des drapeaux officiels. En 1980, il affronte sur un ring de boxe André Beauchamp, un partisan du non, qu'il enverra au tapis.

Reggie Chartrand travaillera alternativement comme portier et serveur, puis comme gérant de bar Chez Queux, dans le Vieux Montréal. Sur la scène publique, il se dresse contre le droit à l'avortement. « Il n'était pas un enfant désiré, pour lui tout le monde avait le droit d'avoir une chance de vivre », indique Mathieu Chartrand. Il écrit aussi contre le féminisme.


Insoumis - Derniers adieux
Raymond Lévesque avait salué Reggie Chartrand en composant une chanson à son nom. Le militant a aussi reçu la médaille Bene merenti de Patria de la SSJB.

Reggie Chartrand laisse derrière lui son épouse Doris McInnis et leurs trois enfants, François, Ariane et Mathieu. Un hommage sera rendu à Reggie Chartrand le dimanche 23 mars au Circuit-Est à Montréal, à 14h.



Le mouvement des Insoumis, région Montréal, a assuré la sécurité lors d'un dernier hommage à Reggie.   VOIR ICI



Condoléances: VIGILE.NET (Rhéal Mathieu)   VOIR ICI

Condoléances: HUFFINGTON POST (Jules Falardeau)   VOIR ICI

Référence: LE DEVOIR   VOIR ICI



Wikipédia

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