Ensaf et ses enfants

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LIBÉRATION DE RAIF BADAWI

Insoumis - Tyrad, le fils de Raif Badawi.


Raif Badawi (arabe : رائف بدوي) nom également transcrit (Raïf) est un écrivain et blogueur saoudien créateur en 2008 du site Free Saudi Liberals sur lequel il militait pour une libéralisation morale de l'Arabie saoudite.

Accusé d'apostasie et d'insulte à l'islam, il est emprisonné depuis juin 2012. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison. Son avocat Waleed Abu al Khair est également emprisonné. L'application de la sentence de flagellation a débuté le 9 janvier 2015, suscitant des protestations de plusieurs gouvernements puis de l'ONU.



CONTEXTE

Le 23 octobre 2014, le mouvement des Insoumis est invité à rencontrer Ensaf Haidar lors d'une soiré d'information organisée par Amnistie internationale, à Sherbrooke en Estrie. Quelques membres se rendent donc au Boquébière où se tenait cette séance et rencontrent ainsi pour la toute première fois cette femme toute petite mais combien déterminée à faire tout en son possible pour faire libérer son mari et père de leur trois enfants. Nous décidons par la suite d'organiser une campagne d'affichage en Estrie pour promouvoir la pétition orchestrée par Amnistie internationale, ceci était le début d'une belle amitié entre l'épouse de Raif Badawi et le mouvement des Insoumis.





« Qu'est-ce que la liberté d'expression? Sans la liberté d'offenser elle cesse d'exister. »

Salman Rushdie




FREE SAUDI LIBERALS

Insoumis - Raif Badawi
Raif Badawi crée en 2008 avec Souad al-Shamani, une militante saoudienne des droits de la femme, Free Saudi Liberals (Libérez les libéraux saoudiens), un site militant pour une libéralisation religieuse et ouvert à la discussion des internautes. En 2008, il est arrêté, interrogé sur le site qu'il a créé, puis relâché. Accusé d'avoir créé un site web qui insulte l'islam, il est forcé de quitter le pays. Il y revient ensuite, la plainte contre lui semblant abandonnée, mais en 2009 il se voit interdit de quitter le pays et son compte en banque est bloqué. En 2011, son site web est à nouveau accusé d'« enfreindre des valeurs religieuses », en raison notamment, selon Amnistie internationale, d'un article sur la Saint-Valentin, dont la conclusion sera considérée comme ridiculisant le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, qu'il remercie dans un autre article « de nous enseigner la vertu et de son soin à veiller à ce que tous les Saoudiens aillent au paradis ».




ARRESTATION ET PROCÈS EN PREMIÈRE INSTANCE

En mai 2012, selon Human Rights Watch, le cheikh saoudien Abdul-Rahman al-Barrak publie une fatwa le traitant d'apostat, pour avoir notamment déclaré que « musulmans, chrétiens, juifs et athées sont tous égaux ». Il considère en effet que, quand bien même il ne s'agissait pas de la propre opinion de Badawi mais du compte-rendu de l'opinion de tiers, celui-ci aurait dû la répudier expressément. À la suite de la plainte de religieux, Badawi est arrêté le 17 juin 2012, peu après avoir organisé le 7 mai 2012 une conférence pour « marquer une journée de libéralisme », aux motifs d'avoir « mis en place un site web qui compromet la sécurité générale » et « tourné en ridicule des figures de l'islam ». Il est accusé de désobéissance à son père, de cybercrime et d'apostasie, laquelle est passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Ce dernier chef d'inculpation n'est pas retenu par le juge. Selon une affirmation de son épouse rapportée par le Daily Mail, le juge ayant demandé s'il était musulman, Badawi aurait répondu : « oui et je n'accepte pas que quiconque le mette en doute ». Selon son avocat, Waleed Abu al-Khair, il aurait également ajouté : « tout le monde a le droit de croire ou non ». Le 29 juillet 2013, il est condamné à six cents coups de fouet et sept ans de prison. Badawi fait appel de cette décision et l'affaire est réexaminée par la cour criminelle de Djeddah.



EXIL DE SA FAMILLE

Insoumis - Ensaf et deux de ses enfants lors du buffet des Fêtes 2014 du mouvement des Insoumis.


La famille de Badawi, qui s'est marié en 2002 et a trois enfants, fait l'objet de tracasseries dès son emprisonnement. Son épouse, Ensaf Haidar, et ses trois enfants sont forcés de quitter le pays pour le Liban puis l'Égypte, avant d'obtenir l'asile politique au Québec en octobre 2013. Ils vivent actuellement à Sherbrooke.





PROCÈS EN APPEL ET APPLICATION DE LA PEINE

Rejugé en appel, Badawi est à nouveau condamné le 7 mai 2014 à dix ans de prison, 1 000 coups de fouet, distribués en vingt séances hebdomadaires de flagellation, une amende d'un million de riyals (266 000 dollars) et une interdiction de voyage de dix ans à l'expiration de sa peine de prison. Le site de Badawi est fermé, la justice saoudienne considérant que « les sujets et commentaires qui y ont été publiés dans le passé violaient les enseignements de la religion [musulmane] et avaient engendré des controverses ». Son avocat, Waleed Abu al-Khair, qui est également un militant pour les droits de l'homme en Arabie saoudite, a été condamné à quinze ans de prison pour avoir « sapé le régime et les officiels », « incité l'opinion publique » et « insulté l'appareil judiciaire » par une cour anti-terreur nouvellement créée. Souad al-Shammari, la cofondatrice du site Free Saudi Liberals, est arrêtée en novembre 2014, pour un message sur Twitter.

Insoumis - Libérez RaifLa première de ces séances de 50 coups de fouet a lieu le vendredi 9 janvier 2015 en public devant une mosquée de Djeddah. Les États-Unis, le Canada, la Communauté européeenne et d'autres pays ont publiquement demandé à l'Arabie saoudite de faire cesser ces flagellations. Selon Éric Azan, beaucoup de participants aux manifestations des 10 et 11 janvier 2015 ont également affiché leur soutien à Badawi. Le 15 janvier 2015, l'ONU en a appelé au roi d'Arabie Saoudite, lui demandant « d'exercer son pouvoir de mettre fin à la flagellation publique en pardonnant M. Badawi ». Le lendemain, la deuxième séance de flagellation est reportée pour raison médicale, puis le cabinet du roi fait savoir que le dossier serait réexaminé par la cour suprême.



PRIX

Badawi a reçu :

le prix Netizen 2014 décerné par Reporters sans frontières ;

le prix de la Liberté d’expression 2015 par Deutsche Welle ;

le prix du courage 2015 décerné par vingt groupes de défense des droits de l'homme au sommet de Genève ;

le prix Aikenhead 2015 de la Société laïque écossaise ;

la médaille de l'Université libre de Bruxelles ;

le One Humanity Award décerné par PEN Canada ;

le prix Sakharov en octobre 2015.

Et plusieurs autres prix et reconnaissances. Il est proposé en 2015 pour le prix Nobel de la paix.



AMNISTIE INTERNATIONALE

Amnistie internationale (AI) est une ONGI qui défend les droits de l'homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette organisation milite notamment pour la libération des prisonniers d'opinion, le droit à la liberté d'expression, l'abolition de la peine de mort et de la torture et l'arrêt des crimes politiques, mais aussi pour le respect de l'ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.

Insoumis - Amnistie internationaleEnregistrée comme organisation internationale à caractère non gouvernemental, Amnistie Internationale entretient des sections dans plus de 80 pays et se voit reconnaître le caractère d'organisme à voix consultative auprès de l'ONU — auprès, notamment, de son Conseil économique et social —, de l'UNESCO, de l'Europe et de l'Organisation des États américains. Elle jouit également d'un statut d'observateur auprès de l'Union africaine. Amnistie Internationale tire la presque totalité des fonds dont elle dispose des collectes réalisées par ses membres. Elle regroupe plus de trois millions d'adhérents et de donateurs dans plus de 150 pays et territoires. Son siège se trouve à Londres, au Royaume-Uni.




NOUVELLE PÉTITION D'AMNISTIE INTERNATIONALE POUR LA LIBÉRATION DE RAIF BADAWI

Le 9 janvier dernier, Raif Badawi recevait les 50 premiers coups de fouet sur 1000. Il a épuisé presque tous ses recours juridiques en Arabie saoudite. Cela fait désormais plus de quatre ans qu’il est détenu, loin de sa famille qui l’attend à Sherbrooke. Nous avons agi ces derniers mois auprès du nouveau gouvernement canadien et nous reconnaissons le travail effectué par les ministres Dion et Bibeau. Mais nous croyons maintenant important que le Premier ministre Justin Trudeau se commette publiquement. Amnistie internationale a à nouveau besoin de votre appui en signant la nouvelle pétition pour demander au Premier ministre Trudeau d’intercéder en faveur de la libération de Raif Badawi et de sa réunification avec sa famille, acceptée au Canada comme réfugiés.

Insoumis - Ensaf Haidar en compagnie de Sylvain Meunier, membre fondateur et porte-parole du mouvement des Insoumis.


Le mouvement des Insoumis demande à tous les citoyens et citoyennes du Québec et du Canada de signer la nouvelle pétition d'Amnistie internationale s'adressant au Premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Pétition d'Amnistie internationale






Article: LIBÉRATION DE RAIF BADAWI : Justin Trudeau pressé d'agir.   VOIR ICI

Article: « AIDE-MOI », dit à Justin Trudeau la femme de Raif Badawi.   VOIR ICI

Article: Notre souveraine hypocrisie.   VOIR ICI



Wikipédia

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